Cheikhou Bâ - Thierry Hay (du 4 novembre au 4 décembre 2010) Imprimer Envoyer

Peintures, sculptures, dessins

 

Du 4 novembre au 4 décembre 2010

 

Le Douze présente les oeuvres de deux artistes travaillant le plus souvent à partir du visage humain. Chacun à sa façon restitue une vision fantomatique ou déformée qui évoque le surgissement des sentiments cachés, des réactions émotionnelles et le désordre dans la communication.

Entre figuration libre et abstraction lyrique, Thierry Hay approche ainsi la part invisible des êtres. Les tiraillements intérieurs et les tourments deviennent distorsions, masques d’expression d’un théâtre en perpétuel mouvement.

Cheihkou Bâ donne autant de vigueur à une expression singulière, laquelle dénote une parfaite imprégnation de la peinture contemporaine, de Malévich à Bacon en passant par Munch tout en gardant la force des masques africains.

  

 

Cheikhou Bâ

Diplômé de l’École Nationale des Arts de Dakar, Il est à la fois peintre, sculpteur et dessinateur. Il a exercé plusieurs années durant une activité d’enseignant en arts plastiques parallèlement à sa pratique de plasticien.

Remarqué lors de la biennale Dak’art 2004 au Sénégal, Cheikhou Bâ a, depuis, exposé plusieurs fois en France, en Finlande, en Suisse, aux Pays-bas et au Sénégal. Son travail singulier est reconnu internationalement et ses prochaines expositions sont prévues à Bilbao, Marseille et San Francisco.

Son travail a été récompensé à diverses reprises, en 2006 lors de la Biennale d’art contemporain Dak’Art, puis en Finlande où il reçoit ensuite le prix Kulttuurikauppila. En 2004, il a été représentant du Sénégal aux Jeux de la Francophonie à Ottawa en 2001.

Souvent articulées à partir de la répétition d’un motif, d’une figure qu’il décline, ses oeuvres sont habitées par des questions liées à l’autoportrait, à l’unicité de l’être, à la vie.

«Peindre, faire des sculptures (bricoler) constituent pour moi un besoin quotidien. L’espace et le temps peuvent être très déterminants dans ma création. Au delà du voyage spirituel, qui incontestablement plus qu´autre chose nourrit la capacité créatrice, celui physique qui nous mène d´une région ou d´un pays à un autre enrichit l´univers créateur... et c´est dans ce sens que Descartes disait qu’il faut lire le livre du monde... en voyageant. Je n´arrêterais jamais de dire que j´ai appris en dix jours à Ottawa plus qu´on en apprend en quatre années aux Beaux Arts... Lors des voyages, les barrières et frontières se brisent, les cultures et les expériences s´entrechoquent et on ressort de ces évènements riche et fort.

Ce que je fais dans le Connecticut est très différent de ce que je fais au Sénégal, aux Pays bas ou en Finlande. Je pourrai dire aussi que j’ai de l’inspiration en fonction de la matière. Chaque matière ou matériau est abordé avec un esprit nouveau ce qui permet d’arriver à un résultat différent.»

 
dsc00799 dsc02953 dsc03092 img_0309 img_0527

 

Thierry Hay

«Après des études d’histoire et de philosophie, j’ai effectué plusieurs voyages en Italie. Là, je découvre les fresques des primitifs et la peinture italienne, avant de m’intéresser aux vitraux et à Francis Bacon. Quelques années plus tard, devenu archéologue en Égypte, où j’ai vécu plus de deux ans, je me passionne pour la fragmentation de la lumière, et les cicatrices du temps sur la pierre, comme sur les visages. Quittant l’Égypte, je reviens en France, où je deviens journaliste, puis grand reporter pour plusieurs chaînes de télévision et réalise de nombreux reportages. Mes toiles portent je crois l’obsession de la couleur, mêlant un ensemble de techniques : acryliques, cires, huiles, que je complète par des griffures et autres écorchements.

J’utilise beaucoup le noir, mais s’il existe par lui-même, il est aussi là pour rehausser les autres couleurs. Je travaille très souvent à partir du visage humain : L’homme-animal…

Rien n’est plus mystérieux encore aujourd’hui pour moi qu’un visage humain car l’homme est une drôle de bestiole. Je travaille beaucoup sur les têtes, les visages. Je rêve de saisir l’instant ou l’homme comprend qu’il est petit et que le doute le prend. Je voudrais que mes visages soient porteurs de Vie : joie, angoisse, désespoir, absence, acceptation de la mort, révolte, animalité. Je recherche sans arrêt la part d’animal chez l’homme et le principe sexuel de deux éléments qui s’emboîtent me passionne. Il offre pas mal de combinaisons ou de suggestions picturales. L’évidence, la simplicité, la grandeur d’âme des masques de pays dits sous-développés m’apprennent beaucoup»

dscn0759-1 dscn0761 dscn1009 dscn1149