Piniang (Du 16 mars au 16 avril 2011) Imprimer Envoyer

Du 16 mars au 16 avril 2011

Piniang - "Dakar Banlieue"


Piniang, vit et travaille à Dakar au Sénégal. En 1999, après une formation à l’école des arts il a suivi une formation d’infographiste et de vidéaste. En 2002, il a été sélectionné pour l'édition de la Biennale de Dakar, où son travail a été montré pour la première fois auprès d'un large public. Il connaît, depuis, un succès qui lui a permis de participer à de nombreux workshops - en Hollande (2005), au kenya (2006), en Suède (2007), au South Bronx Museum de New York (2008), à Rennes (2010) Bruxelles (2011) et de faire connaître son travail à travers le monde.

 

 

Peintre, vidéaste et sculpteur, sa démarche plastique trouve son origine dans la synthèse des matières. Ses vidéos sont composées à partir de ses propres dessins, peintures et objets trouvés (ready made). Une nouvelle génération d'artistes émerge.

Diplômé en 1999, Piniang a fait partie de la même promotion que Samba Fall et Mohamadou N'Doye Doots, jeunes artistes ayant acquis une certaine reconnaissance dans le monde du marché de "l'art africain contemporain". Avec eux et d'autres, Piniang a fondé un collectif pour fédérer projets individuels et communs, et se serrer les coudes - face à la démission des pouvoirs publics - dans l'entre deux de la Biennale de Dakar.

La vidéo représente pour Piniang, et une partie des artistes sénégalais de sa génération, un matériau familier naturellement présent dans ses installations et parfois à l'origine de ses compositions picturales, comme c'est le cas pour No war, no news, sorte de manifeste pacifiste qui lui a valu une reconnaissance dans beaucoup de pays. Il a complété sa formation par un passage - entre 1998 et 2000 - au studio Pictoon de Dakar, premier studio d'animation africain. Pour lui, la peinture et la vidéo sont complémentaires.

Prolixe, il mixe les matériaux et moyens d'expression : « Je pense qu'il n'y a pas de rupture entre les médiums. Je suis un plasticien qui fait de la vidéo et un vidéaste qui fait de la peinture. Je travaille dans une symbiose assez forte entre ces différents supports. Quand je peins, je fige l'image et quand je filme, je donne vie aux images ». Les films d'animation réalisés par Piniang et son collectif sont fortement reliés au monde dans lequel ils évoluent, abordant des thèmes régulièrement présents dans l'actualité, tels que la tradition confrontée au monde moderne, l'islam, la pollution environnementale, la question des réfugiés, les enfants des rues ou encore l'anarchie urbaine. La liberté et la pertinence avec laquelle les jeunes vidéastes sénégalais ont su s'emparer de ces sujets permettent d'offrir un regard non formaté sur le monde dans lequel ils évoluent ou sur celui dont les échos leur parviennent par le biais du petit écran ou des journaux. Echos qu'ils se réapproprient dans une approche artistique et critique qui donne à voir et à entendre des paroles d'artistes lucides quant au pouvoir de manipulation et de récupération des médias.

Piniang cherche à travers son oeuvre à interpeller le public sur ce que les images du monde renvoient, notamment aux Africains, et sur les dangers que ce phénomène comporte quant à leur rapport à euxmêmes, mais aussi à l'histoire ancienne et contemporaine de leur continent. Comme le souligne Afang Sarr, membre du collectif, auteur en 2004 d'un documentaire sur les arts plastiques au Sénégal, « les artistes ont le devoir de produire leurs propres images. Ils doivent proposer quelque chose à partir de là où ils vivent et tout faire pour que leur oeuvre se socialise (…). L'enjeu est important, l'art est un moyen extraordinaire d'éduquer, d'éveiller les consciences, ce qui n'arrange pas forcément les pouvoirs publics de ce continent ». Piniang fait de cet enjeu son moteur de création. L'acte de création s'ancre dans le fait de mettre en oeuvre - dans tous les sens du terme- une proposition. « Un artiste doit faire passer quelque chose, dire les choses à son public. Nous vivons sur un continent confronté à de nombreux problèmes. Nous ne pouvons pas les oublier et nous contenter de créer pour la beauté du geste. Je cherche à rendre mes oeuvres accessibles, en refusant de m'enfermer dans un univers hermétique. Quand j'invite les gens à voir mon travail, je suis dans le partage. Je veux les toucher par mon travail qui parle d'eux »

A Nantes pendant un mois

Présentation de 32 toiles de petites tailles et d'une installation vidéo.

« J'envisage de faire une video installation, avec des bouteilles sachets, charbon de bois, lumière black light en néon, projection video, animation d'objets, et dont le titre est Saacou wala boutel, un terme qui signifie sachets ou bouteilles en langue locale Senegalaise le wolof. Elle montre des individus circulant dans les quartiers de la banlieue de Dakar à la recherche de sachets et bouteilles usagées, pour les revendre. Un gagne-pain pour eux et une forme de recyclage qui permet de donner une seconde vie a ces objet qui ne sont pas biodegradables ».

En 2011 Piniang a beaucoup de projets , dont une exposition  à Bruxelles , organisée par et dans les locaux du Cabinet artistique Libre Choix en collaboration avec Le Douze ; une résidence de trois mois a Kyoto avec House of African Art (HAA!), au mois d'avril ; une exposition collective à la galerie SBC au Canada et une exposition personnelle a la galerie ARTE de Dakar. Il participera également au African film Festival de New York en mars 2011.

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