Soly Cissé (du 1er mars au 7 avril 2012) Imprimer Envoyer

Exposition du 1er mars au 7 avril 2012

Soly Cissé

Peintures


Du 1er mars au 7 avril 2012, la galerie Le Douze présente les oeuvres de Soly Cissé. Connu pour ses peintures peuplées d'étranges et inquiétantes créatures, mi-humaines mi-animales, Soly Cissé (né en 1969) est un des représentants de la nouvelle génération d'artistes africains, qui revendique sa "liberté de création", en s'éloignant de toute affirmation "d'africanité".

Selon lui, "l'identité n'est pas une priorité. La priorité, c'est la liberté de penser, de créer". La génération de Léopold Sédar Senghor (poète-président sénégalais, au pouvoir de 1960 à 80) était dans une conquête identitaire. Mais les artistes de la nouvelle génération se considèrent comme appartenant au monde.

Actuellement, un des artistes contemporains les plus cotés du Sénégal, Soly Cissé vit et travaille à Dakar.
Sorti en 1996 de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Dakar (section environnement, design, architecture d'intérieur), il est peintre, sculpteur et scénographe. Il expose pour la première fois aux jeux de la francophonie de Madagascar en 1997, et depuis un peu partout dans le monde (Paris, Düsseldorf, Montréal, Nice, Madrid,....)

Sa peinture témoigne visuellement d'une conscience claire de la nature de notre monde, de ses désastres, de ses métissages, de ses naufrages, avec une sorte de puissance et d'espoir. Son art met en place le réel, la nature, la force des éléments, un art aux antipodes de l'ironie et de la dérision. Mais son rapport à l’objet ou à l’idée qu’il veut matérialiser n’est pas de l’ordre de la reproduction mais de celui de la fouille afin de mettre à jour ce que masque l’objet. Il faut secouer l’objet, le revisiter, extraire sa substance, y glisser sa propre sensibilité et en faire apparaître le caractère irréel.

C’est l’ordre dans le désordre qui résume ses compositions. Son style prend source dans l’art brut qui fait voyager le spectateur dans un univers énigmatique, le plus souvent sur fond noir qui induit une profondeur et déclenche le rêve.

"Ma revendication est loin d'être identitaire. Je suis un peintre de l'univers, un rêveur. Je ne peux pas rester dans ma case ! Je ne peins pas ce que l'on voit mais ce que l'on ressent. Je suis dans le domaine de l'imaginaire."

Admirateur du génie de Picasso, de l'énergie de Jean Michel Basquiat, sensible à l'agressivité de Francis Bacon et aux rêves de Anselm Kiefer, son art est à l'écoute du monde, comme le remarque Philippe Dagen dans le journal Le Monde : "Dans ses oeuvres, Soly Cissé donne le sentiment d'aller simplement et droit à son but, sans s'encombrer d'effets matérialistes. Il y a là sans hésitation un artiste majeur."

Après des passages très remarqués, notamment au Musée des Arts Derniers en 2009 où il présentait un bestiaire mytologique où se côtoient des formes animales ou humaines, des êtres improbables aux corps emmêlés, des animaux hybrides ; et sa série du "Monde Perdu", au Centre Pompidou en 2005, Il présente au Douze une nouvelle série sur le thème du bateau.

"Parce que chez les Sénégalais, le mot bateau nous rappelle beaucoup de choses, commençant par les bateaux négriers, le naufrage du bateau le JOOLA aux larges de la Gambie et les bateaux de fortune empruntés par les jeunes africains pour affronter l'océan en quête d'un lendemain meilleur."

 

1 2 4 5